Fermez les yeux quelques instants, et imaginez-vous un monde. Un monde de rêve. Où les monstres et les sorcières côtoieraient des princes et des dragons. Où le Moyen-âge serait toujours présent, dans une immensité de beauté et d'histoire. Mais de rêve pourtant. Un fantastique monde immense et magique, où cruauté et honneur se croiseraient et se recroiseraient. Un monde d'enfant trop terrible pour eux.
Un monde où il y aurait tous les jours un magnifique coucher de soleil sanglant et doré dans une écume de brouillard derrière des montagnes découpées à la hache, au loin, repères de gobelins et prisons de princesses en détresse. Parfois, une nuée grise comme le fer et lourd comme le plomb sortirait des profondeurs abyssales, vomissure des enfers, et dans sa toute puissance étoufferait vies et amours. Armures, parures, chevelures dorées, châteaux, guerres et batailles, magie, fleuves, montagnes, quêtes, trésors, immondices des entrailles de la terre, beautés du plus pur des ciels. Un monde magique et de rêve. Un lieu de conte. Où l'histoire avancerait pas à pas, où le héros se battrait ardemment et où la terreur et la ruine risquerait de triompher sans cesse. Il y aurait des morts oui, mais le lendemain de batailles ensanglantées, alors qu'on serait crasseux et cassés, l'armure ternie et cabossée, l'épée émoussée et les larmes aux yeux, se lèveraient vers l'Est un immense soleil rayonnant qui ferait couler ses rayons sur les plaies cendreuses de nos corps, et l'Espoir une fois encore renaîtrait avec l'Aube. Un monde de beauté, de musique, de fraîcheur, de soleil et de neige, où il n'y aurait ni OGM, ni bombe atomique, plus que le bien et le mal, la tristesse et la terreur, plus de casseurs et de foot, juste l'honneur et la bassesse, des méchants et les gentils. La vie et la survie.